Si vous évaluez une intégration avec le portefeuille d'identité numérique européen, vous avez probablement déjà buté sur ces deux sigles sans trouver d'explication claire. Voici ce qu'on a vérifié en construisant Todis.

RPAC et RPRC, en deux phrases

Une relying party (vous, ou un service comme Todis pour votre compte) doit s'enregistrer auprès de son État membre pour être reconnue par les portefeuilles eIDAS 2.0. Cet enregistrement produit deux documents distincts : le RPAC (Wallet-Relying Party Access Certificate) atteste qui vous êtes et authentifie vos requêtes auprès du portefeuille ; le RPRC (Wallet-Relying Party Registration Certificate) précise quelles données vous êtes autorisé à demander, par cas d'usage déclaré.

Développement récent à connaître : le règlement final rend le RPRC optionnel. Sans lui, le portefeuille peut interroger directement le registre national (via une URL référencée dans le RPAC) pour vérifier ce qu'une relying party est autorisée à demander : une charge administrative en moins pour une intégration qui n'a pas des dizaines de cas d'usage distincts à faire certifier.

Vous ne choisissez pas votre pays

Point souvent mal compris : l'article 5b du règlement d'exécution impose de s'enregistrer dans l'État membre où l'entreprise est légalement établie, pas dans celui dont le dispositif est le plus avancé. Une fois enregistré, en revanche, la reconnaissance est censée fonctionner dans toute l'UE : chaque État membre publie son registre de façon harmonisée (signé électroniquement, lisible automatiquement), et une API commune permet à n'importe quel portefeuille de vérifier une RPAC délivrée ailleurs. Un seul enregistrement doit donc suffire, pas un par pays cible.

Le calendrier

La Commission a adopté le règlement d'exécution sur l'enregistrement des relying parties en mai 2025. Il s'applique à partir du 24 décembre 2026 : c'est la date à laquelle chaque État membre doit disposer d'un registre national opérationnel. Avant cette échéance, aucun pays n'a d'obligation légale d'avoir quoi que ce soit en production, ce qui explique pourquoi, à ce jour, aucun registre RPRC/RPAC n'est encore légalement actif nulle part dans l'UE.

Qui en est où (juillet 2026)

PaysStatut
FranceSandbox public (France Identité), registre légal pas encore actif
AllemagneSandbox public (SPRIND) ouvert aux tests même hors Allemagne, déploiement citoyen prévu début 2027
EspagneProjet annoncé, pas encore de sandbox public
DanemarkEn avance sur le déploiement du portefeuille citoyen, infrastructure RPRC/RPAC encore en construction

La France et l'Allemagne font partie du groupe le plus avancé à ce stade, sans qu'aucun des deux n'ait franchi la ligne d'un registre légalement opérationnel.

Ce que ça change concrètement

Tant que ce registre n'est actif nulle part, un portefeuille réel, en production, refusera une requête signée par une relying party non enregistrée, même techniquement irréprochable. C'est un constat qu'on a fait nous-mêmes en testant contre un vrai portefeuille : la requête est récupérée avec succès, mais aucune réponse n'est jamais envoyée. Ce n'est pas un bug d'intégration, c'est l'état actuel de l'écosystème.

Ce qui reste possible, et utile, dès maintenant : construire et tester son intégration contre des portefeuilles de test et des environnements pilotes (voir notre feuille de route), pour être prêt le jour où le registre de son propre pays ouvre, sans avoir à refaire l'intégration technique elle-même à ce moment-là.

Sources : règlement d'exécution sur l'enregistrement des wallet-relying parties (Commission européenne, mai 2025) ; documentation ARF (Architecture and Reference Framework), section "Relying Party Registration" ; suivi de déploiement par État membre, eIDEasy (juillet 2026) ; annonces publiques SPRIND (sandbox allemand) et France Identité.