Notre article précédent explique pourquoi aucun portefeuille national ne répond encore à un vérifieur non enregistré. Ça ne veut pas dire qu'il faut attendre pour construire et valider son intégration : l'écosystème de référence, financé par la Commission européenne, est justement fait pour ça.
L'écosystème de référence EUDI
Publié en open source par l'organisation
eu-digital-identity-wallet, il couvre les trois rôles
d'un échange OpenID4VP :
- Un émetteur de test hébergé publiquement
(
issuer.eudiw.dev) : délivre des PID et mDL de test, dans les deux formats standards (SD-JWT VC et mdoc), via OpenID4VCI. Aucune vraie pièce d'identité n'est nécessaire. - Un wallet de référence installable (APK Android publié sur GitHub Releases, pas de Play Store) : ses builds de développement utilisent des ancres de confiance de démonstration plutôt que la vraie trust list de production, donc pas d'enregistrement RPRC/RPAC nécessaire pour tester dessus.
- Votre vérifieur : Todis, dans notre cas.
De quoi dérouler un vrai flux OpenID4VP de bout en bout : émission d'un credential de test, présentation via QR code, vérification côté serveur, sans qu'aucune partie ne soit simulée.
Les sandboxes nationaux
Plusieurs États membres ouvrent aussi leur propre bac à sable, avec des règles d'accès différentes :
- Allemagne (SPRIND) : autorise explicitement les tests par des entreprises non établies en Allemagne. Seul un futur lancement commercial exigerait un établissement local. Inscription par formulaire d'intention, cas d'usage à préciser.
- France (France Identité) : un bac à sable public existe, orienté démonstration plutôt qu'intégration complète à ce stade.
Ce que ça permet, et ce que ça ne remplace pas
Ces environnements suffisent à valider l'intégralité de votre intégration technique : construction de la requête d'autorisation, gestion du QR code ou du lien profond, réception et vérification de la réponse, traitement des revendications divulguées. C'est exactement ce que vous ferez en production, avec les mêmes appels d'API Todis.
Ce qu'ils ne remplacent pas : la confiance qu'un vrai portefeuille de production accordera à votre identité de vérifieur, qui dépend du registre national de votre pays d'établissement (voir notre article sur le RPRC/RPAC). Les deux briques sont indépendantes : l'une se construit maintenant, l'autre s'active à l'ouverture du registre.